Une queue-de-cheval qui paraît moins épaisse dans la main. Une raie qui semble s’élargir. Le cuir chevelu qui devient plus visible sous une lumière forte. Ou simplement cette impression que les cheveux qui repoussent ne sont plus tout à fait les mêmes qu’avant.
Lorsqu’on remarque ces changements, une question revient souvent : pourquoi des cheveux autrefois plus épais peuvent-ils s’affiner avec le temps ?
Car avoir naturellement les cheveux fins et constater qu’ils se sont affinés au fil des années sont deux choses différentes.
Cheveux fins ou cheveux qui s’affinent ?
Nous naissons tous avec une certaine nature de cheveux. Certaines personnes ont toujours eu une fibre très fine, d’autres des cheveux naturellement plus épais.
L’affinement dont nous parlons ici correspond plutôt à un changement : la chevelure semble progressivement perdre de son volume ou certains cheveux repoussent avec un diamètre plus faible qu’auparavant.
Il faut également distinguer trois choses : la chute, la densité et l’épaisseur du cheveu.
Perdre des cheveux quotidiennement fait partie du renouvellement naturel du cycle capillaire. La densité correspond au nombre de cheveux présents sur une zone du cuir chevelu, tandis que l’épaisseur correspond au diamètre de chaque cheveu.
Une chevelure peut donc sembler moins fournie parce qu’elle perd davantage de cheveux, parce que certains cheveux deviennent plus fins… ou parce que plusieurs phénomènes se produisent en même temps.
Pourquoi certains cheveux deviennent-ils progressivement plus fins ?
Chaque cheveu est produit par un follicule pileux situé dans le cuir chevelu.
Dans certaines formes d’affinement, notamment l’alopécie androgénétique, les follicules concernés peuvent se miniaturiser. Ils produisent alors des cheveux de diamètre plus faible et leur phase de croissance peut également se modifier.
Ce phénomène peut progressivement rendre le cuir chevelu plus visible et donner l’impression d’une chevelure moins dense.
Mais l’affinement des cheveux n’a pas une cause unique.
L’âge et les changements hormonaux peuvent modifier progressivement le fonctionnement du follicule. La génétique joue également un rôle important : certains follicules sont naturellement plus sensibles aux variations hormonales.
L’état général de l’organisme compte aussi. Une alimentation insuffisante ou certaines carences peuvent avoir des répercussions sur le cycle capillaire et la qualité des cheveux. Un stress important ou prolongé peut, quant à lui, perturber le cycle capillaire et provoquer davantage de chute.
C’est donc souvent l’ensemble du contexte qu’il faut regarder plutôt qu’un seul facteur.
Affinement ou casse : attention à ne pas les confondre
Il arrive aussi que les cheveux paraissent plus fins ou moins nombreux alors que le problème ne vient pas directement du follicule.
Décolorations répétées, chaleur excessive, coiffures très serrées, frottements ou manipulations agressives peuvent fragiliser la fibre jusqu’à provoquer sa casse.
La différence est importante : dans un cas, le cheveu produit par le follicule devient plus fin. Dans l’autre, le cheveu pousse normalement mais s’abîme et se casse avant d’atteindre sa longueur habituelle.
Visuellement, les deux situations peuvent pourtant donner une impression similaire de perte de volume.
Avant de multiplier les produits, comprendre ce qui a changé
Lorsqu’on remarque que sa chevelure n’est plus aussi dense ou que les cheveux semblent réellement plus fins qu’avant, le premier réflexe ne devrait pas forcément être d’accumuler les soins « pousse » et « densité ».
Un changement important, soudain ou persistant mérite d’être évoqué avec un professionnel de santé afin d’en rechercher la cause.
Comprendre pourquoi les cheveux s’affinent permet de mieux choisir la façon d’en prendre soin.
Peut-on préserver sa densité ?
On ne peut pas transformer la nature génétique d’un cheveu naturellement fin. En revanche, lorsqu’un changement apparaît, certains gestes permettent de préserver au mieux la qualité de la fibre et de prendre soin du cuir chevelu, là où se développent les nouveaux cheveux.
Cela commence par des choses simples : une alimentation suffisante et équilibrée, la correction d’une éventuelle carence lorsqu’elle est identifiée et une routine qui évite de fragiliser inutilement les cheveux.
Le cuir chevelu mérite également une attention particulière. C’est là que se trouve le follicule et que commence la formation de chaque nouveau cheveu.
Limiter les agressions répétées, manipuler délicatement les nouvelles pousses et choisir des soins adaptés permet au minimum de ne pas ajouter de la casse à un problème d’affinement déjà présent.
Et les plantes dans tout ça ?
Certaines traditions capillaires ont depuis longtemps intégré les plantes aux soins destinés à préserver la force et la densité des cheveux.
En Asie centrale, l’Usma (Isatis tinctoria) occupe une place particulière dans certains rituels de soin des cheveux et des sourcils. Elle y est traditionnellement appréciée pour favoriser la pousse, fortifier les cheveux et limiter leur chute.
L’Isatis tinctoria présente également une composition botanique intéressante : ses feuilles contiennent notamment différents composés phénoliques et flavonoïdes, et plusieurs extraits de la plante ont montré une activité antioxydante lors d’études expérimentales.
Le stress oxydatif fait justement partie des mécanismes étudiés dans la biologie et le vieillissement du follicule pileux.
Ces données ne permettent pas de présenter l’Usma comme un traitement de l’affinement capillaire. Elles apportent cependant un éclairage intéressant sur une plante dont l’utilisation dans les soins des cheveux s’inscrit dans une tradition bien plus ancienne.
Prendre soin de ses cheveux avant qu’ils ne changent davantage
Nos cheveux évoluent avec nous.
Lorsqu’ils commencent à s’affiner, l’essentiel n’est pas de multiplier les promesses de pousse, mais de comprendre ce qui a changé et de leur apporter les soins adaptés le plus tôt possible.
Parce que prendre soin de ses cheveux, c’est aussi essayer de préserver leur force, leur qualité et leur densité au fil du temps.